▷ Guido d’Arezzo (992-1050). Notation musicale

Guido d’Arezzo (992 -1050)
Moine bénédictin, Guido d’Arezzo s’est fait connaître à la cathédrale d’Arezzo, entre Sienne et Florence, comme professeur de musique. Remarquable pédagogue, il est à l’origine du système de notation musicale encore en vigueur. Ce système a révolutionné l’apprentissage de la musique car il a dispensé les artistes d’apprendre par cœur, à l’oreille, les morceaux de musique et de chant. Il a facilité la transcription des notes et leur lecture.

Les premières portées musicales
Les premières notations musicales à base de portées et de notes sont apparues au VIIIe siècle à Metz et à Saint-Gall à l’initiative des chanoines en charge du chant liturgique. Les musiciens ont d’abord utilisé des signes musicaux ou neumes en «campo aperto» sans ligne. Ensuite, pour aider les copistes à conserver les proportions verticales, on a introduit une, puis deux puis trois lignes.

Une main musicale
Guido d’Arezzo a ajouté une quatrième ligne à la portée et, ce faisant, il a introduit un moyen mnémotechnique, la « main guidonienne », pour représenter les notes: dans ce système d’écriture, en effet, tous les degrés de l’échelle musicale peuvent être assimilables aux jointures et aux phalanges des cinq doigts de la main gauche ouverte.

Guido d’Arezzo a aussi ajouté au début de chaque ligne une lettre clef qui indique la valeur d’intonation de la série considérée et qu’il a appelé gamma, d’où le nom de «gamme» aujourd’hui donné à son système de notation musicale.

Les notes étaient auparavant désignées par les premières lettres de l’alphabet. Pour désigner les notes qui prennent place sur les quatre lignes de sa portée, Guido d’Arezzo s’est servi des premières syllabes d’un hymne à saint Jean-Baptiste :

Hymne
Ut queant laxis resonare fibris
mira gestorum famuli tuorum
solve polluti labii reatum
sancte Iohannes.

Nuntius caelo veniens Olympo,
te patri magnum fore nasciturum,
nomen et vitae seriem gerendae
ordine promit.

Gloria Patri, genitaéque Proli
et tibi, compare utriúsque semper,
Spíritus alme, Deus unus omni
Témpore saecli.


Pour que tes serviteurs puissent chanter à pleine voix
les merveilles de ta vie, efface le péché
qui souille leurs lèvres,
bienheureux Jean !

Un messager venu du haut du ciel
dévoile à ton père ta naissance,
ta grandeur future, ton nom,
et tout le déroulement de ta vie.

Gloire au Père, au Fils unique
et à l’Esprit aimant,
toujours leur égal,
un seul Dieu pour tous les siècles.

Les écoliers italiens du temps de Guido connaissaient bien cet hymne, en effet, et le chantaient avec une mélodie qui montait de degré en degré. C’était pratique pour apprendre les hauteurs relatives de chaque degré de la gamme. Le si fut ajouté par Anselme de Flandres à la fin du XVIe siècle et le ut, jugé trop dur à l’oreille, transformé en do par Bononcini en 1673.

La portée de Guido, étendue à cinq lignes, s’est généralisée très vite à l’ensemble du monde musical mais, à la différence des Latins, les Anglais et les Allemands sont restés fidèles aux lettres de l’alphabet pour désigner les notes. En anglais, do ré mi fa sol la si devient : C D E F G A B.