Gé­rard Bre­gnard. Po­lyp­tyque et Indicible

W. A. Mo­zart (1756-1791), Lau­date Do­mi­num, Ves­pe­rae so­lennes de confes­sore, KV 339
Lon­don Sym­pho­ny Or­ches­tra and Cho­rus, dir. Sir Co­lin Davis 

Gé­rard Bre­gnard
Po­lyp­tyque
Ma­quette, pro­prié­té de Phi­lippe Chèvre
Œuvre réa­li­sée, Cha­pelle du Ly­cée-Col­lège St-Charles, Por­ren­truy (CH)


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Au cours des ans, la ma­nière d’ex­pri­mer cer­taines réa­li­tés mé­ta­phy­siques s’est constam­ment modifiée.

On ne peut re­pré­sen­ter l’In­di­cible. Tout au plus peut-on le sug­gé­rer au moyen de sym­boles. Si la Re­nais­sance a dé­ve­lop­pé l’ap­pa­rence hu­maine de Dieu, le Moyen-Age s’est mon­tré plus res­pec­tueux et plus conscient de la hié­rar­chie mar­quée par des dif­fé­rences de di­men­sions et quel­que­fois de couleur.

J’ai vou­lu tra­duire l’i­dée qu’un homme du XXe siècle peut se faire d’une force in­tel­li­gente qui pré­side à la des­ti­née d’un uni­vers dont la pro­di­gieuse com­plexi­té se ré­vèle à lui, de plus en plus.

Il me pa­raît lo­gique de re­non­cer à une re­pré­sen­ta­tion pseu­do-ob­jec­tive pour une forme d’ex­pres­sion plus pure et plus apte à si­gni­fier par ana­lo­gie des faits et des évé­ne­ments d’un ordre plus mé­ta­phy­sique. Toute ma pein­ture tend à ex­pri­mer le sacré.

Ayant eu à l’es­prit un thème à dé­ve­lop­per, j’ai dû im­pé­ra­ti­ve­ment me sou­mettre à la loi d’é­qui­libre. Par ce fait, la forme dé­fi­ni­tive de l’œuvre m’a d’a­bord échap­pé. Dans son éla­bo­ra­tion, je me suis com­por­té comme un mu­si­cien com­po­sant. J’ai re­cher­ché des rap­ports heu­reux de rythmes et de cou­leurs, une harmonisation.

Gé­rard Bre­gnard, juin 1988