Marc Chagall. Rachel dérobe les idoles de son père

Olivier Messiaen, La Source de Vie, Jennifer Bate, orgue, Église de la Sainte-Trinité, Paris

Marc Chagall (1887-1985)
Rachel dérobe les idoles de son père (1960)
Lithographie


Rachel n’était pas seulement belle. C’était aussi une jeune femme déterminée et résolue dont Jacob, le père d’Israël, est tombé amoureux. Pour pouvoir l’épouser, il se mit au service de son père pendant 14 ans. Pourtant, malgré cet accord, Jacob refusa de laisser partir sa fille. Jacob décida alors de s’enfuir avec Rachel. Avant de se mettre en route, Rachel vola les theraphim (תרפים, fétiches) de son père.

D’après les coutumes de l’époque, cela permettait à Rachel de bénéficier de l’héritage de son père, auquel elle n’avait théoriquement pas droit en tant que fille cadette. Le père poursuiva le couple de fugitifs et fouilla leurs bagages. Déterminée, Rachel cacha les theraphim dans les sacoches de son chameau et s’assit dessus. Quand son père lui ordonna de descendre du chameau, elle prétendit se sentir mal et empêcha ainsi son père de découvrir les theraphim.

Cette lithographie montre Rachel assise en position de soumission face à son père qui réclame les theraphim que sa fille lui a volés. Rachel se trouve toutefois en position de force, comme cela est représenté sur le dessin par le fait qu’elle soit placée plus haut que son père, dans la mesure où elle s’est libérée de l’omnipotence de son père. Ainsi Chagall a-t-il illustré de manière saisissante, dans cette œuvre, un grand problème existentiel auquel sont confrontées, aujourd’hui encore, de nombreuses femmes. Moralité : une action portée par la détermination peut atténuer une injustice !