Marc Cha­gall. Le Sacri­fice d’Isaac

Oli­vier Mes­siaen (1908-1992), Acte de foi
Jen­ni­fer Bate, orgue, Église de la Sainte-Tri­ni­té, Paris 

Marc Cha­gall (1887-1985)
Le Sacri­fice d’I­saac (1960-1966)
Musée Marc Cha­gall, Nice 


Gn 22, 1-3
Après ces évé­ne­ments, Dieu mit Abra­ham à l’épreuve. Il lui dit : « Abra­ham !» Celui-ci répon­dit : « Me voi­ci !» 2 Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holo­causte sur la mon­tagne que je t’indiquerai. » 3 Abra­ham se leva de bon matin, sel­la son âne, et prit avec lui deux de ses ser­vi­teurs et son fils Isaac. Il fen­dit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué.


Abra­ham est sur le point de sacri­fier son fils quand l’ange arrête son bras. La com­po­si­tion, carac­té­ri­sée par la sépa­ra­tion du des­sin et de la cou­leur, pré­sente deux registres. Au registre supé­rieur, l’ange, mani­fes­ta­tion du Verbe divin, est des­si­né en trans­pa­rence sur le ciel bleu. Mais à droite y figure éga­le­ment l’é­vo­ca­tion des mal­heurs de la des­cen­dance d’A­bra­ham, que Cha­gall n’hé­site pas à rap­pe­ler à tra­vers la repré­sen­ta­tion d’une mater­ni­té et d’une scène du mar­tyr du Christ, sym­bole de la souf­france des Juifs dans sa pein­ture. Au registre infé­rieur, le groupe d’Abraham et de son fils est colo­ré par la flamme de l’holocauste. Le corps d’Isaac, aban­don­né comme celui d’Adam dans La Créa­tion de l’homme, témoigne éga­le­ment de la sou­mis­sion de l’homme à Dieu.