Marc Chagall. Le Sacrifice d’Isaac

Olivier Messiaen, Acte de foi, Jennifer Bate, orgue, Église de la Sainte-Trinité, Paris

Marc Chagall (1887-1985)     
Le Sacrifice d’Isaac
(1960-1966)
Musée Marc Chagall, Nice


Gn 22, 1-3
Après ces événements, il arriva que Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham »; il répondit : « Me voici. » Il reprit : « Prends ton fils, ton unique, Isaac, que tu aimes. Pars pour le pays de Moriyya et là, tu l’offriras en holocauste sur celle des montagnes que je t’indiquerai. » Abraham se leva de bon matin, sangla son âne, prit avec lui deux de ses jeunes gens et son fils Isaac.


Abraham est sur le point de sacrifier son fils quand l’ange arrête son bras. La composition, caractérisée par la séparation du dessin et de la couleur, présente deux registres. Au registre supérieur, l’ange, manifestation du Verbe divin, est dessiné en transparence sur le ciel bleu. Mais à droite y figure également l’évocation des malheurs de la descendance d’Abraham, que Chagall n’hésite pas à rappeler à travers la représentation d’une maternité et d’une scène du martyr du Christ, symbole de la souffrance des Juifs dans sa peinture. Au registre inférieur, le groupe d’Abraham et de son fils est coloré par la flamme de l’holocauste. Le corps d’Isaac,  abandonné comme celui d’Adam dans La Création de l’homme, témoigne également de la soumission de l’homme à Dieu.