Marc Cha­gall. Abra­ham et les trois anges

Oli­vier Mes­siaen (1908-1992), O sa­crum convi­vium
Choeur de Saint-John, Cam­bridge, dir. George Guest

Marc Cha­gall (1887-1985)
Abra­ham et les trois anges (1940-1950)
Col­lec­tion privée 


Gn 18, 1-11
1 Aux chênes de Mam­bré, le Sei­gneur ap­pa­rut à Abra­ham, qui était as­sis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour. 2 Abra­ham le­va les yeux, et il vit trois hommes qui se te­naient de­bout près de lui. Dès qu’il les vit, il cou­rut à leur ren­contre de­puis l’entrée de la tente et se pros­ter­na jusqu’à terre. 3 Il dit : « Mon sei­gneur, si j’ai pu trou­ver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton ser­vi­teur. Per­met­tez que l’on vous ap­porte un peu d’eau, vous vous la­ve­rez les pieds, et vous vous éten­drez sous cet arbre. 5 Je vais cher­cher de quoi man­ger, et vous re­pren­drez des forces avant d’aller plus loin, puisque vous êtes pas­sés près de votre ser­vi­teur !» Ils ré­pon­dirent : « Fais comme tu l’as dit. »

6 Abra­ham se hâ­ta d’aller trou­ver Sa­ra dans sa tente, et il dit : « Prends vite trois grandes me­sures de fleur de fa­rine, pé­tris la pâte et fais des ga­lettes. » 7 Puis Abra­ham cou­rut au trou­peau, il prit un veau gras et tendre, et le don­na à un ser­vi­teur, qui se hâ­ta de le pré­pa­rer. 8 Il prit du fro­mage blanc, du lait, le veau que l’on avait ap­prê­té, et les dé­po­sa de­vant eux ; il se te­nait de­bout près d’eux, sous l’arbre, pen­dant qu’ils man­geaient. 9 Ils lui de­man­dèrent : « Où est Sa­ra, ta femme ?» Il ré­pon­dit : « Elle est à l’intérieur de la tente. » 10 Le voya­geur re­prit : « Je re­vien­drai chez toi au temps fixé pour la nais­sance, et à ce mo­ment-là, Sa­ra, ta femme, au­ra un fils. » Or, Sa­ra écou­tait par-der­rière, à l’entrée de la tente.11 – Abra­ham et Sa­ra étaient très avan­cés en âge, et Sa­ra avait ces­sé d’avoir ce qui ar­rive aux femmes.

Cette vi­site se dé­roule peu de temps après la cir­con­ci­sion d’Abraham : il est donc conva­les­cent. La tache verte sur son vi­sage peut ain­si ex­pri­mer son état, puisqu’en yid­dish l’expression « vert et jaune » si­gni­fie que la per­sonne est ma­lade. Dans le ju­daïsme, le com­man­de­ment de rendre vi­site aux per­sonnes ma­lades (bi­kour ho­lim) est pri­mor­dial. L’at­ti­tude humble d’A­bra­ham ex­prime l’ac­cep­ta­tion de la vo­lon­té di­vine. Abra­ham était un homme connu pour son hos­pi­ta­li­té. Le com­man­de­ment de l’hospitalité (Ha­kh­nas­sat ore­him) est très im­por­tant dans la tra­di­tion juive.

Der­rière le juif er­rant se tient un po­grom. Scène in­di­ca­tive à la fois de la nais­sance d’Isaac et de son sacrifice. 

D’après le Tal­mud (Ba­ba Met­zia 86b), les anges Mi­chel, Ra­phaël et Ga­briel ont pris une forme hu­maine pour ac­com­plir cha­cun une mis­sion. Mi­chel vient pour an­non­cer la bonne nou­velle à Sa­rah, Ra­phaël pour ai­der Abra­ham à ci­ca­tri­ser de sa cir­con­ci­sion, et Ga­briel pour dé­truire So­dome et Gomorrhe.


O sa­crum convi­vium
in quo Chris­tus su­mi­tur :
re­co­li­tur me­mo­ria pas­sio­nis ejus.
Mens im­ple­tur gra­tia
et fu­tu­rae glo­riae no­bis pi­gnus da­tur.
Al­le­luia.
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O ban­quet sa­cré
dans le­quel nous re­ce­vons le Christ :
nous rap­pe­lons la mé­moire de sa Pas­sion.
L ’âme se ras­sa­sie de grâce
et de la gloire fu­ture un gage nous est don­né.
Al­lé­luia.

Tho­mas d’Aquin (1225-1274)