Juan Gris. Vue sur la baie à Bandol

Eric Sa­tie (1866-​1925), Gym­no­pé­die no 1
Pas­cal Ro­gé, piano 

Juan Gris (1887-​1927)
La vue sur la baie (1921)
Mu­sée d’Art mo­derne, Paris 


Né à Ma­drid en 1887, Jo­sé Vic­to­ria­no Gon­zales choi­sit de s’installer en France où il prit le pseu­do­nyme de Gris car cette cou­leur s’écrit de la même ma­nière en es­pa­gnol et en français.

S’étant es­sayé au des­sin in­dus­triel et même au des­sin hu­mo­ris­tique, Juan Gris ré­vé­la l’étendue de son ta­lent lorsqu’il s’appropria le cu­bisme de ses ca­ma­rades Pi­cas­so et Braque. L’on consi­dère cet ar­tiste comme un cu­biste « tem­pé­ré », dont Pi­cas­so lui-​même ad­mi­rait la tech­nique et l’homogénéité des toiles.

En 1921, après avoir contrac­té une pleu­ré­sie, le peintre se re­ti­ra à Ban­dol où il pas­sa sa conva­les­cence. Les sen­sa­tions vagues, le flot­te­ment et le floue qu’il res­sen­tit lui ins­pi­rèrent cette Vue sur la baie. Dans ce ta­bleau, Gris mé­lange l’univers in­té­rieur au monde ex­té­rieur sans qu’il soit vrai­ment pos­sible de les dis­tin­guer. L’ambiance mé­lan­co­lique rap­pelle l’ennui du ma­lade, confi­né et spectateur.