Jean Hey. La Nativité du Seigneur

Francis Poulenc (1899-1963), O magnum mysterium
Groupe Vocal de France, dir. John Alldis

Jean Hey (actif entre 1475-1505)
Nativité avec le portrait du cardinal Jean Rolin (~1480)
Musée Rolin, Autun


Il est là, tout en bas du tableau. Tout petit. Nouveau-né dans sa fragile réalité charnelle, veillé par un père et une mère.

Nu dans le froid ? Ce n’est pas de la négligence de leur part, bien sûr. Leur agenouillement et leur expression recueillie nous situent dans un autre registre : celui de la nature divine de Jésus.

Sur le linge blanc, son corps est déjà celui qu’un linceul enveloppera et que la Résurrection libérera pour notre salut. L’église, visible à gauche, le rappelle. Cet enfant est le Fils de Dieu. Sa chair diaphane symbolise sa transparence à l’Esprit. Il en est de même pour la Vierge, magnifiée au centre du tableau, vêtue du bleu céleste. Le regard apaisant de Joseph les enveloppe tous deux.

Dans cette étable isolée, l’univers entier vient adorer l’Enfant Dieu : les deux bergers, et les puissants, en la personne du cardinal Jean Rolin, le commanditaire du tableau, en chape pourpre à camail d’hermine. Ou encore les anges, mais aussi le bœuf, l’âne, et même le petit chien replet du prélat ! Tous attentifs avec Joseph et Marie.

Les mains noueuses de Joseph sont jointes en prière, celles ouvertes de Marie disent sa disponibilité à Dieu, tout en se faisant protectrices pour l’Enfant. Prier, s’ouvrir à Dieu, veiller sur autrui : ces mains dessinent à elles seules le programme de la vie chrétienne.

Monique Scherrer