Joan Miró. L’épi de blé

Nadia Boulanger, Pièces pour violoncelle et piano, Roland Pidoux, violoncelle, Emile Naoumoff, piano

Joan Miró (1893-1983)
L’épi de blé (1923)
Musée d’Art moderne, New York

Toile marquée par l’ascétisme et la rigueur dans l’organisation des figures. La peinture est étendue en couches minces et sa dilution importante la rend mate. Le vert domine le tableau. Des obliques contrariées marquent les bords et le coin d’une table où reposent un pot, une passoire et l’épi qui donne son titre au tableau.

Miro ne fait rien pour établir un espace connu : ni facettes cubistes, ni perspective. Seuls les trois objets légèrement modelés suggèrent un volume. Le blé se déploie dans la partie inférieure de la composition et sa couleur plus chaude affirme sa présence au premier plan. Pot et passoire appuient leurs rondeurs sur de fines lignes noires tracées à l’horizontale qui figurent l’ombre portée et empêchent les objets de flotter dans l’espace.

Miro a le souci de relier ensemble les différentes parties d’un tableau : la tige sinueuse de l’épi s’allonge en contre-courbe vis-à-vis du manche de la passoire et du galbe du pot. Les grains du blé ébauchent des tortillons analogues à la torsade métallique du manche de la passoire. Les rotondités de la passoire font la liaison avec le pot.