Raphaël. La Madone au baldaquin

Pier­lui­gi da Pales­tri­na (1525-1594), Ver­gine bel­la, Ensemble vocal Offi­cium, dir. Wil­fried Rombach 

Raphaël (1483-1520)
La Vierge au bal­da­quin (1508)
ache­vée par les frères Casa­na après 1697
Gale­rie Pala­tine, Florence 


La Vierge à l’En­fant trône au milieu de la com­po­si­tion, pla­cée sous un dais à fes­tons ten­du de ten­tures (bal­da­quin) dont les pans sont sou­le­vés par des anges volants. C’est donc une Vierge en majes­té mais éga­le­ment une Conver­sa­tion sacrée car le couple divin est entou­ré de part et d’autre par des figures saintes ana­chro­niques conver­sant entre elles ou tour­nant le regard hors de la scène, toutes recon­nais­sables à leur attri­buts de sain­te­té, ici saint Pierre avec sa clef, et Ber­nard de Clair­vaux en habit cis­ter­cien à gauche, Jacques le majeur avec son bâton et saint Augus­tin d’Hip­pone à droite en habit sacer­do­tal, tenant le livre invi­tant du bras le spec­ta­teur à contem­pler le centre de la scène. Deux ange­lots conversent éga­le­ment devant l’es­trade du trône en détaillant un phylactère.

Toute la scène est pla­cée devant une abside semi-cir­cu­laire au pla­fond à cais­sons, deux colonnes à cha­pi­teaux corin­thiens enca­drant cet espace architectonique.


Ver­gine bel­la, che di sol ves­ta,
coro­na­ta di stelle, al som­mo sole
pia­ces­ti si che ‘n te sua luce ascose,
amor mi spinge a dir di te parole :
ma non so ‘nco­min­ciar sen­za tu ‘aita
e di colui ch’a­man­do in te si pose
invo­co lei che ben sempre ris­pose,
chi la chia­mo con fede.
Ver­gine, s’a mer­cede
mise­ria estre­ma de l’u­mane cose
giá mai ti volse, al mio pre­go t’in­chi­na ;
socor­ri alla mia guer­ra,
ben ch’i sia ter­ra e tu del ciel regina.

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Vierge belle, vêtue de soleil,
cou­ron­née d’é­toiles : tu plus tel­le­ment
au sou­ve­rain Soleil, qu’il cacha sa lumière en toi,
et me pousse à par­ler de toi.
Je ne sais pas com­men­cer sans ton aide
et sans l’aide de celui qui, dans son amour, s’est repo­sé en toi.
J’in­voque celle qui répon­dit tou­jours avec foi
à celui qui l’ap­pe­la.
Vierge, si jamais l’ex­trême
misère des choses humaines
arrive à son comble, écoute ma prière.
Sou­tiens-moi dans cette guerre,
bien que je sois pous­sière, et que tu sois reine du ciel.