Hom­mage à Georges Rouault, l’a­mi silencieux

Georges Rouault (1871-1957)
Tête du Christ (1937)
Mu­seum of Art, Cleveland 


> XXe siècle

« Ne par­lez pas de moi si­non pour exal­ter l’art ; ne me don­nez pas comme le bran­don fu­meux de la ré­volte et de la né­ga­tion, ce que j’ai fait n’est rien, ne me don­nez pas tant d’im­por­tance. Un cri dans la nuit. Un san­glot ra­té. Un rire qui s’étran­gle. Dans le monde, tous les jours mille et mille obs­curs be­so­gneux qui valent mieux que moi meu­rent à la tâche.

Je suis l’a­mi si­len­cieux de ceux qui peinent dans le sillon creux, je suis le lierre de la mi­sère éter­nelle qui s’at­tache sur le mur lé­preux der­rière le­ quel l’­hu­ma­ni­té re­belle cache ses vices et ses ver­tus. Chré­tien, je ne crois, dans des temps si hasar­deux, qu’à Jé­sus sur la Croix.«
 Georges Rouault