Le Péru­gin. La remise des clés à Saint Pierre

Pier­lui­gi da Pales­tri­na (~1525-1594), Tu es Petrus
The Tal­lis Scho­lars, dir. Peter Philips 

Le Péru­gin (~1448 -1523)
La remise des clés à Saint Pierre, Fresque (~1481)
Mur nord de la Cha­pelle Sixtine 


Mt 16, 16-19
16 Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !» 17 Pre­nant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heu­reux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révé­lé cela, mais mon Père qui est aux cieux. 18 Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâti­rai mon Église ; et la puis­sance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. 19 Je te don­ne­rai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »


Cette fresque du Per­ugin et de son assis­tant Luca Signo­rel­li trans­pose en images sym­bo­liques une parole de Jésus. Lors­qu’il intro­nise Pierre Prince des apôtres et son repré­sen­tant sur la terre, Jésus uti­lise la méta­phore des « clés du royaume des cieux » et évoque le pou­voir qu’elles confèrent.

Le peintre intro­duit une série de contem­po­rains de Sixte IV qui forment une sorte de deuxième cercle de témoins de l’in­tro­ni­sa­tion du pape et donc de la nais­sance de la fonc­tion pontificale.

Il a construit une place idéale et stric­te­ment symé­trique, fer­mée à l’ar­rière-plan par un édi­fice octo­go­nal, au centre, enca­dré par deux arcs de triomphe trois arches. L’é­di­fice cen­tral, sur­mon­té d’une cou­pole et pro­lon­gé dans les axes prin­ci­paux par quatre por­tiques à une seule tra­vée, repré­sente sans doute le Temple de Salo­mon à Jéru­sa­lem. L’arc de Constan­tin a ser­vie de modèle aux arcs de triomphe.

On a vu dans Judas (qua­trième figure à par­tir de la gauche) qui plonge la main dans son sac d’argent, une allu­sion à la passion.

Au second plan, à gauche, est figu­ré l’é­pi­sode du « denier » pré­sen­té à Jésus par les pha­ri­siens qui essaient de le mettre poli­ti­que­ment en dif­fi­cul­té en lui deman­dant s’il est juste ou non de « payer l’im­pôt à César ». Ils espèrent qu’il se com­pro­met­tra soit vis-à-vis des romains, soit vis-à-vis des juifs. Mais Jésus répon­dra : « Ren­dez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

A droite de la scène cen­trale Jésus échappent à une lapi­da­tion car les Juifs l’ac­cusent de blas­phème après qu’il eut affir­mé son ori­gine divine.


Mt 16, 18-19
Tu es Petrus, et super hanc petram
aedi­fi­ca­bo Eccle­siam meam,
et por­tae infe­ri non prae­va­le­bunt adver­sus eam.
Et tibi dabo claves regni coe­lo­rum.
Quod­cumque liga­ve­ris super ter­ram,
erit liga­tum et in coe­lis ;
et quod­cumque sol­ve­ris super ter­ram,
erit solu­tum et in coelis.

_​_​_​

Tu es Pierre, et sur cette pierre
je bâti­rai mon Église,
et la puis­sance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te don­ne­rai les clés du royaume des Cieux.
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux ;
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux.