Sixtine. Le Pérugin. La remise des clés à Saint Pierre

Giovanni Pierluigi da Palestrina, Tu es Petrus, The Tallis Scholars, dir. Peter Philips

Le Pérugin (~1448 -1523)
La remise des clés à Saint Pierre, Fresque (~1481)
Mur nord de la Chapelle Sixtine

Matthieu 16, 16-19
16 Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » 17 Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. 18 Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. 19 Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »


Cette fresque du Perugin et de son assistant Luca Signorelli transpose en images symboliques une parole de Jésus. Lorsqu’il intronise Pierre Prince des apôtres et son représentant sur la terre, Jésus utilise la métaphore des « clés du royaume des cieux » et évoque le pouvoir qu’elles confèrent.

Le peintre introduit une série de contemporains de Sixte IV qui forment une sorte de deuxième cercle de témoins de l’intronisation du pape et donc de la naissance de la fonction pontificale.

Il a construit une place idéale et strictement symétrique, fermée à l’arrière-plan par un édifice octogonal, au centre, encadré par deux arcs de triomphe trois arches. L’édifice central, surmonté d’une coupole et prolongé dans les axes principaux par quatre portiques à une seule travée, représente sans doute le Temple de Salomon à Jérusalem. L’arc de Constantin a servie de modèle aux arcs de triomphe.

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On a vu dans Judas (quatrième figure à partir de la gauche) qui plonge la main dans son sac d’argent, une allusion à la  passion.

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Au second plan, à gauche, est figuré l’épisode du « denier » présenté à Jésus par les pharisiens qui essaient de le mettre politiquement en difficulté en lui demandant s’il est juste ou non de « payer l’impôt à César ». Ils espèrent qu’il se compromettra soit vis-à-vis des romains, soit vis-à-vis des juifs. Mais Jésus répondra : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

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A droite de la scène centrale Jésus échappent à une lapidation car les Juifs l’accusent de blasphème après qu’il eut affirmé son origine divine.

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