D. Ghirlandaio. Naissance de Jean-Baptiste

Grégorien, Benedictus, Abbaye bénédictine de Ligugé 

Domenico Ghirlandaio (1449-1494)
Naissance de Jean-Baptiste (~1485)
Église Santa Maria Novella, Florence


Lc 1, 57-66. 80
57 Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. 58 Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. 59 Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. 60 Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » 61 On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » 62 On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. 63 Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. 64 À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. 65 La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. 66 Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. 80 L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.


Jean le Baptiste est le prophète qui annonça la naissance du Christ. Sa mère est Élisabeth, cousine de la Vierge, et son père Zacharie. Élisabeth est assise sur le lit dans une pose pleine de dignité mais manquant totalement de naturel. En contrebas du lit, une nourrice allaite Jean-Baptiste. La convention artistique reste toujours la même : la scène se déroule dans un décor florentin du XVe siècle avec les usages de l’aristocratie de l’époque (nourrice allaitant).

L’action est concentrée sur un unique personnage : la porteuse de corbeille, très belle figure féminine. Elle attirera l’attention de la critique postérieure sur ce chef-d’œuvre.


Lc 1, 68-79
Benedictus Dominus Deus Israel,
quia visitavit, et fecit redemptionem plebis suae.

Et erexit cornu salutis nobis
in domo David pueri sui.

Sicut locutus est per os sanctorum,
qui a saeculo sunt, prophetarum eius :

Salutem ex inimicis nostris,
et de manu omnium qui oderunt nos.

Ad faciendam misericordiam cum patribus nostris
et memorari testamenti sui sancti.

Iusiurandum, quod iuravit
ad Abraham patrem nostrum,
daturum se nobis;

Ut sine timore,
de manu inimicorum nostrorum liberati,
serviamus illi.

In sanctitate et iustitia coram ipso,
omnibus diebus nostris.

Et tu puer,
propheta Altissimi vocaberis :
praeibis enim ante faciem Domini
parare vias eius.

Ad dandam scientiam salutis plebi eius
in remissionem peccatorum eorum.

Per viscera misericordiae Dei nostri
in quibus visitabit nos, oriens ex alto :

Illuminare his qui in tenebris
et in umbra mortis sedent
ad dirigendos pedes nostros in viam pacis.

Gloria Patri et Filio
et Spiritui Sancto,

sicut erat in principio
et nunc et semper
et in saecula saeculorum. Amen.

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Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
qui visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,

comme il l’avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens:

salut qui nous arrache à l’ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,

amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,

serment juré
à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,

afin que sans crainte,
délivrés de la main des ennemis,
nous le servions

dans la justice et la sainteté, en sa présence,
tout au long de nos jours.

Toi aussi, petit enfant,
tu seras appelé prophète du Très-Haut;
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,

grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu,
quand nous visite l’astre d’en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
et l’ombre de la mort,
pour conduire nos pas au chemin de la paix.

Gloire au Père et au Fils
et au Saint Esprit,

comme il était au commencement,
maintenant et toujours
pour les siècles des siècles. Amen.