Jacopo Torriti. Le couronnement de la Vierge

The Tallis Scholars, dir. Peter Phillips

Le couronnement de la Vierge
Jacapo Torriti (en activité de 1270-1300)
Le Couronnement de la Vierge Marie, mosaïque (1295)
Basilique Sainte Marie Majeur, Rome

En 1295 le Pape Nicolas IV chargea le Frère Franciscain Jacopo Torriti de réaliser la mosaïque de la nouvelle abside de Sainte Marie Majeure, l’ancienne ayant été démolie pour agrandir le chœur en vue du Jubilée de 1600.

Jacapo Torriti est un Frère Franciscain peintre et mosaïste dont l’œuvre s’étend entre 1270 et 1300. Il exécuta les mosaïques de saint Jean de Latran en 1291 et l’abside de sainte Marie Majeure en 1295. Bien que contemporain de Giotto, son style reste imprégné du formalisme bysantin.

Le principe de la Conception Immaculée de la Vierge dans le sein de sa mère, sainte Anne, ne se trouve dans aucun Évangile. Il se répand peu à peu, et si certains Pères de l’Église, tels saint Ambroise ou saint Augustin y adhèrent, saint Thomas d’Aquin, ou Bernard de Clairvaux, s’y opposent totalement. L’Immaculée Conception fut cependant érigée en dogme, donc en vérité absolue pour l’Église, par Pie IX le 8 décembre 1854.

Par conséquent, conçue et née sans la tache du péché originel, la Vierge ne peut mourir et dans son sommeil, ou dormition, monte au Ciel avec son corps et son âme pour y être couronnée Reine de l’Univers. Cette croyance est l’Assomption de la Vierge, qui fut érigée en dogme par Pie XII le 1er Novembre 1950 près d’un siècle après celui de l’Immaculée Conception.

Vue d'ensemble de lamosaïque du Couronnement de la Vierge

Torriti représente la scène du couronnement dans la cavité absidiale, entouré d’anges et de rinceaux de verdure sur lesquels se posent des oiseaux. Ceux-ci sont certainement des originaux de la première mosaïque. Dans le bas, à droite et à gauche sont représentés des saints ainsi que le Pape Nicolas IV, promoteur du projet, et le Cardinal Colonna qui en finança l’exécution.

Détail du Couronnement de la Vierge

Le Christ et sa Mère sont assis côte à côte sur un divan richement décoré, trône plus oriental qu’occidental. Le Fils, à la nimbe crucifère, pose sur la tête de sa Mère une haute couronne ornée de joyaux. Tous deux sont vêtus de riches et complexes vêtements, rappelant ceux des empereurs bysantins. Le Christ, de la main gauche, présente un livre ouvert sur lequel on peut lire la phrase : « Veni electa me et ponam in te thronum meum », qui se traduit par : « venez mon élue et je vous établirai sur mon trône ». Dans le psaume 44 du Cantique des Cantiques le texte se poursuit : « Car le roi s’est épris de votre beauté ». La Vierge Couronnée est le symbole de l’Église – la Jérusalem Céleste – parée pour son Époux. Actuellement encore, dans l’Église d’Orient, la couronne est le symbole des noces et participe à la cérémonie religieuse du mariage.

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