Claude Lévi-Strauss. Le respect de la nature


Claude Lévi-Strauss ne prend pas de gants sur la question du respect de la nature. Il remarque que d’un côté « nous entourons d’une véritable vénération certaines synthèses… les œuvres des grands artistes : peintres, sculpteurs, musiciens. Nous construisons des musées qui sont un peu l’équivalent des temples d’autres sociétés, pour les y recueillir, et il nous apparaîtrait comme un désastre, une catastrophe universelle, que toute l’œuvre de Rembrandt ou de Michel-Ange fût anéantie… » Mais de l’autre, que faisons nous des chefs d’œuvre de la Nature ? Sommes-nous seulement capables de les respecter ? « Lorsqu’il s’agit de synthèses infiniment plus complexes encore, et infiniment plus irremplaçables aussi, que sont les espèces vivantes, qu’il s’agisse des plantes et des animaux, alors nous agissons avec une irresponsabilité, une désinvolture totale. »

Le Monde du 21 Janvier 1970

Biographie
Né à Bruxelles en 1908, Lévi-Strauss poursuit des études de philosophie avant de se tourner vers l’ethnologie. En 1935, il part pour le Brésil comme professeur de sociologie à l’Université de São Paulo. Au cours des années qui vont suivre, il va étudier les tribus indiennes de l’Amazonie. C’est le récit de ses voyages à l’intérieur de ces sociétés dites «primitives» qu’il racontera, en 1955, dans le livre qui l’a rendu célèbre, Tristes Tropiques (Terre Humaine). Il est aujourd’hui reconnu comme un penseur fondamental du XXe siècle. Claude Lévi-Strauss est décédé le 1er novembre 2009.