Matthieu Ricard. Éloge de la simplicité


« Simplifiez, simplifiez, simplifiez…. » Ces paroles rafraichissantes du moraliste américain Henry Thoreau nous rappellent qu’une grande partie de nos tourments provient des complications inutiles et perturbatrices que nous ne cessons de fabriquer. Ces constructions mentales se surimposent à la réalité, la déforment, et conduisent à des états mentaux et des comportements qui minent notre paix intérieure et celles des autres. Combien d’entreprises humaines et de nobles causes ont-elles échoué à cause des ces complications inextricables !

Simplifier nos pensées, nos paroles et nos actes, nous évite de sombrer dans la rumination mentale, le bavardage inutile et les vaines activités qui dévorent notre temps précieux et conduisent à une succession de situations dysfonctionnelles.

Avoir l’esprit simple n’est pas être simple d’esprit. La simplicité s’accompagne de lucidité, de liberté intérieure, de force d’âme et d’un contentement de bon aloi qui résiste avec légèreté aux aléas de l’existence. La transparence de la simplicité permet de contempler la nature de l’esprit derrière le voile des pensées sauvages. Elle réduit le sentiment exacerbé de l’importance de soi et ouvre notre cœur à l’altruisme éclairé.

Matthieu Ricard (*1946), Blog du 26 mars 2009


Biographie
Matthieu Ricard, né en France en 1946 est un moine bouddhiste tibétain, auteur, photographe et docteur en génétique cellulaire. Il fait son premier voyage en Inde en 1967 où il fait la rencontre de grands maîtres spirituels tibétains, dont Kyabjé Kangyour Rinpoché puis Dilgo Khyentse Rinpoché.

Après avoir terminé son doctorat en génétique cellulaire en 1972 à l’Institut Pasteur, il part ensuite s’installer dans la région de l’Himalaya, dans un monastère de Shéchèn au Népal. Il y vit maintenant depuis plus de 40 ans. En 1980, il rencontre le Dalaï-lama, dont il devient l’interprète français à partir de 1989.

En 1997, il publie Le Moine et le Philosophe un dialogue avec son père. En 2000, il écrit avec l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan L’Infini dans la paume de la main. Suivront ensuite Plaidoyer pour le bonheur (2003), un conte spirituel La Citadelle des Neiges (2005), L’art de la méditation (2008), Plaidoyer pour l’altruisme (2013).