Il essuiera toutes larmes de leurs yeux

De la Vie éternelle, je ne sais pas grand chose,
sinon que plus jamais l’homme
ne sera loup pour l’homme.
L’homme plus jamais n’accablera, ne jugera,
n’humiliera son frère.
L’Absolu rassasiant notre cœur,
nous verrons partout ses reflets.

De la Vie à venir, je ne sais pas grand-chose,
sinon que notre corps ne saura plus gémir.
Plus jamais cette angoisse qui nous étreint à la gorge.
Les longues nuits avec ces cruels souvenirs
de trop de grands bonheurs perdus.
Les nuits qui n’en finissent pas.
Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.
De mort, il n’y en aura plus,
car l’Ancien monde s’en est allé.

De la Vie qui viendra, je ne sais pas grand chose,
sinon que la douceur aura gagné sur la violence.
Le fort n’écrasera plus le faible.
Il n’y aura plus de faibles !
Les hommes se déclareront la Paix.
L’enfant jouera sur le trou du cobra.
Chacun s’enchantera de la différence de l’autre.
Les parcelles de vérité, comme un puzzle achevé,
seront réconciliées.
Les grandes eaux ne pourront éteindre l’Amour,
ni les fleuves le submerger.

De la Vie qui t’attend, je ne sais qu’une chose:
Dieu sera tout, en tous;
l’Amour sera tout pour chacun.
L’homme aura retrouvé la passerelle
qui mène au cœur de son frère
et qui a nom Esprit Saint.
Et cette joie, nul, jamais ne pourra la ravir.

Stan Rougier


Résurrection des morts, XIIIe s.
Musée de Cluny, Paris