▷ Ps 101, Domine exaudi orationem meam. R. de Lassus (1532-1594)

Le roi David jouant de la harpe (~1200)
Westminster Psalter
British Library, London

Psalmi Davidis Poenitentiales a 5 voci (1565-1570)
Collegium Vocale, Gand
Philippe Herreweghe, direction

Psaume 101
Domine exaudi orationem meam
et clamor meus ad te veniat.

Non avertas faciem tuam a me
in quacumque die tribulor.

Inclina ad me aurem tuam
in quacumque die invocavero te velociter exaudi me.

Quia defecerunt sicut fumus dies mei
et ossa mea sicut gremium aruerunt.

Percussum est ut faenum et aruit cor meum
quia oblitus sum comedere panem meum.

A voce gemitus mei
adhesit os meum carni meae.

Similis factus sum pelicano solitudinis
factus sum sicut nycticorax in domicilio.

Vigilavi
et factus sum sicut passer solitarius in tecto.

Tota die exprobrabant mihi inimici mei
et qui laudabant me adversus me iurabant :

quia cinerem tamquam panem manducavi
et poculum meum cum fletu miscebam.

A facie irae et indignationis tuae
quia elevans adlisisti me.

Dies mei sicut umbra declinaverunt
et ego sicut faenum arui.

Tu autem Domine in aeternum permanes
et memoriale tuum in generationem et generationem.

Tu exsurgens misereberis Sion
quia tempus miserendi eius quia venit tempus.

Quoniam placuerunt servis tuis lapides eius
et terrae eius miserebuntur.

Et timebunt gentes nomen Domini
et omnes reges terrae gloriam tuam.

Quia aedificabit Dominus Sion
et videbitur in gloria sua.

Respexit in orationem humilium
et non sprevit precem eorum.

Scribantur haec in generationem alteram
et populus qui creabitur laudabit Dominum.

Quia prospexit de excelso sancto suo
Dominus de caelo in terram aspexit,

ut audiret gemitum conpeditorum,
ut solvat filios interemptorum,

ut adnuntiet in Sion nomen Domini
et laudem suam in Hierusalem,

in conveniendo populos in unum
et reges ut serviant Domino.

Respondit ei in via virtutis suae :
paucitatem dierum meorum nuntia mihi :

ne revoces me in dimidio dierum meorum
in generationem et generationem anni tui.

Initio tu Domine terram fundasti
et opera manuum tuarum sunt caeli.

Ipsi peribunt, tu autem permanes,
et omnes sicut vestimentum veterescent.
Et sicut opertorium mutabis eos et mutabuntur.

Tu autem idem ipse es
et anni tui non deficient.

Filii servorum tuorum habitabunt
et semen eorum in saeculum dirigetur.

Gloria Patri, et Filio,
et Spiritui Sancto,

sicut erat in principio,
et nunc et semper
et in saecula saeculorum.
Amen


Seigneur, entends ma prière :
que mon cri parvienne jusqu’à toi !

Ne me cache pas ton visage
le jour où je suis en détresse !

Le jour où j’appelle, écoute-moi;
viens vite, réponds-moi !

Mes jours s’en vont en fumée,
mes os comme un brasier sont en feu;

mon coeur se dessèche comme l’herbe fauchée,
j’oublie de manger mon pain;

à force de crier ma plainte,
ma peau colle à mes os.

Je ressemble au corbeau du désert,
je suis pareil à la hulotte des ruines :

je veille la nuit,
comme un oiseau solitaire sur un toit.

Le jour, mes ennemis m’outragent;
dans leur rage contre moi, ils me maudissent.

La cendre est le pain que je mange,
je mêle à ma boisson mes larmes.

Dans ton indignation, dans ta colère,
tu m’as saisi et rejeté :

l’ombre gagne sur mes jours,
et moi, je me dessèche comme l’herbe.

Mais toi, Seigneur, tu es là pour toujours;
d’âge en âge on fera mémoire de toi.

Toi, tu montreras ta tendresse pour Sion;
il est temps de la prendre en pitié : l’heure est venue.

Tes serviteurs ont pitié de ses ruines,
ils aiment jusqu’à sa poussière.

Les nations craindront le nom du Seigneur,
et tous les rois de la terre, sa gloire :

quand le Seigneur rebâtira Sion,
quand il apparaîtra dans sa gloire,

il se tournera vers la prière du spolié,
il n’aura pas méprisé sa prière.

Que cela soit écrit pour l’âge à venir,
et le peuple à nouveau créé chantera son Dieu :

« Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s’est penché;
du ciel, il regarde la terre

pour entendre la plainte des captifs
et libérer ceux qui devaient mourir. »

On publiera dans Sion le nom du Seigneur
et sa louange dans tout Jérusalem,

au rassemblement des royaumes et des peuples
qui viendront servir le Seigneur.

Il a brisé ma force en chemin,
réduit le nombre de mes jours.

Fais-le-moi savoir, ne me prends pas à la moitié de mes jours,
d’âge en âge vont tes années.

autrefois tu as fondé la terre;
le ciel est l’ouvrage de tes mains.

Ils passent, mais toi, tu demeures :
ils s’usent comme un habit, l’un et l’autre;
tu les remplaces comme un vêtement.

Toi, tu es le même;
tes années ne finissent pas.

Les fils de tes serviteurs trouveront un séjour,
et devant toi se maintiendra leur descendance.

Gloire au Père, et au Fils,
et au Saint-Esprit,

comme il était au commencement,
maintenant et toujours
et pour les siècles des siècles.
Amen