L’art de bénir

Jehan Bourdichon (1457–1521)
Christ bénissant, détail (~1480)
Musée des beaux-arts, Tours

Au réveil, bénissez votre journée
car elle déborde déjà d’une abondance de biens
que vos bénédictions font apparaître.

En croisant les gens dans la rue, dans le bus,
sur votre lieu de travail, bénissez-les tous.
La paix de votre bénédiction sera la compagne de leur chemin.

En vous promenant, bénissez votre village ou votre cité,
ceux qui la gouvernent et ses habitants.

A l’instant même où quelqu’un exprime agressivité
ou manque de bonté à votre égard,
répondez avec une bénédiction silencieuse.
Bénissez-le avec joie,
car de telles bénédictions sont un bouclier
qui le protège de l’ignorance de ses méfaits
et détourne la flèche qui vous est adressée.

Quand dans votre journée,
quelque événement inattendu vous bouleverse,
vous autant que vos plans,
éclatez en bénédictions,
car la vie est en train de vous apprendre quelque chose.
Les épreuves sont souvent des bénédictions cachées
et des cohortes d’anges suivent leurs traces.

Quand vous passez devant une prison,
bénissez ses habitants.
Nous ne pouvons qu’être prisonnier
de l’image que nous avons de nous-même.
Une personne libre intérieurement
peut marcher sans chaînes dans la cour d’une prison.
Le citoyen d’un pays libre peut être prisonnier
quand la peur se tapit dans sa pensée.

Quand vous passez devant un hôpital,
bénissez ses patients dans la plénitude de leur être,
car même dans leur souffrance et leur maladie,
cette plénitude attend simplement d’être découverte.

Et quand vous voyez une personne en pleurs, brisée par la vie,
bénissez-la dans sa vitalité et sa joie :
car les sens ne présentent que l’inverse de la splendeur
et de la perfection que seul l’œil intérieur peut percevoir.

Et par-dessus tout,
n’oubliez pas de bénir la personne que vous êtes,
merveilleuse, totalement belle dans sa vraie nature
et si digne d’amour.