Bonheur


Qui que tu sois,
mon Dieu ou mon frère,
mon enfant, ma sœur,
mon ami, mon bien-aimé,
le bonheur c’est ta présence.
Quand tu es là,
l’eau a le goût du vin
et la tempête n’est que brise légère.
Quand tu es là,
les liens rompus sont restaurés
et tout prend place et sens.
Quand tu es là,
toute tristesse s’envole
et brûle mon cœur tout au-dedans de moi.

Qui que tu sois
le bonheur, c’est ton absence.
Quand tu n’es pas là,
je me souviens de toi
et je reste des heures à te parler.
Quand tu n’es pas là,
j’attends ton retour
et mon attente
est chemin vers toi.
Quand tu n’es pas là
persistent en moi
ta saveur et ton parfum,
brille en moi
la clarté de ton visage.

Qui que tu sois,
le bonheur c’est ta parole,
qu’elle soit murmure ou torrent,
qu’elle acquiesce ou proteste,
qu’elle soit confidence ou promesse.
Le bonheur, c’est ton silence
quand tu me regardes et me souris,
quand tu te tais pour m’écouter,
quand tu me laisses à ma liberté.
Dans ton silence
chante en moi
le son de ta voix.

Qui que tu sois,
mon Dieu ou mon frère,
mon enfant, ma sœur,
mon ami, mon bien-aimé,
le bonheur, c’est que tu sois
et que je sois,
et que nous soyons l’un pour l’autre,
et que nous soyons l’un à l’autre
dans la présence ou dans l’absence,
dans la parole ou le silence,
dans l’absolu de la confiance.

Françoise Brian