Les sacrements de guérison : la réconciliation

Gratien, Decretum, XIIIe s.
La réconciliation
Bibliothèque Mazarine, Paris

« Par les sacrements de l’initiation chrétienne, l’homme reçoit la vie nouvelle du Christ. Or,  cette vie, nous la portons en des vases d’argile. » (2Co 4, 7)
« Le Seigneur Jésus-Christ, médecin de nos âmes et de nos corps, Lui qui a remis les péchés au paralytique et lui a rendu la santé du corps (cf. Mc 2,1-12), a voulu que son Église continue, dans la force de l’Esprit Saint, son œuvre de guérison et de salut, même auprès de ses propres membres. C’est le but des deux sacrements de guérison: du sacrement de Pénitence et de l’Onction des malades. »
Catéchisme de l’Église catholique
, no 1420 et 1421

L’Évangile s’ouvre sur l’appel à la conversion: c’est Jean qui annonce un baptême de repentir « pour la rémission des péchés. » (Lc 3, 3) C’est Jésus qui proclame: « Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle. » (Mc 1, 15) Dès l’abord Jésus souligne le lien entre la foi et la conversion. Il faut croire pour se retourner vers Dieu, mais la conversion ouvre aussi l’homme à la Foi.

Jésus a toujours manifesté un amour de prédilection pour les pécheurs, c’est-à-dire ceux que leur mode de vie tient à l’écart de la société des Juifs observants. Il ne se contente pas de manger avec eux, mais il pardonne le péché: il admet dans son intimité Matthieu le publicain et Marie de Magdala; il renvoie en paix la prostituée qui embrasse ses pieds et il apporte le salut dans la maison de Zachée. Il fait de ses miracles le signe du pouvoir qu’il a de remettre les péchés. Sur la croix, il ne pardonnera pas seulement au bandit repentant et à ceux qui le font mourir, mais il réconcilie toute l’humanité avec Dieu, car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui (2Co 5,19). Dans sa résurrection, il offre à la famille humaine une vie nouvelle, une vie d’amitié avec Dieu, de réconciliation entre frères.

Sacrement du pardon et de la réconciliation
Il s’agit donc d’un sacrement, d’un mystère, d’un signe qui nous révèle le Pardon de Dieu. Par ce sacrement, nous célébrons la miséricorde, la fidélité, l’amour infini de Dieu, et face à cet amour entièrement gratuit, nous reconnaissons notre faiblesse, nos infidélités. Le mot confession vient du latin. Il traduit le terme hébreux yadal qui signifie: proclamer la grandeur de Dieu et ses louanges. Mais il est vrai que la conscience de nos infidélités, nous aide à mesurer la fidélité de Dieu.

Nous sommes pécheurs: infidèles parfois à l’amour, à l’amitié, à la fraternité, complices du mal dans le monde, indifférents aux souffrances de l’humanité.

L’Église invite les chrétiens à rencontrer individuellement un prêtre pour accueillir le pardon sacramentel. Cette démarche donne à chacun la possibilité d’avoir un entretien sur sa vie spirituelle.

On peut aussi prendre part à une célébration communautaire non-sacramentelle. Quatre temps structurent la célébration:
• l’accueil mutuel
• l’écoute de la Parole de Dieu
• la confession de l’amour de Dieu et en même temps la reconnaissance de nos péchés
• l’accueil de l’aide de Dieu pour commencer à réaliser quelques changements nécessaires dans notre vie.

Pierre Jounel (1914-2004), La célébration des sacrements

Pierre Jounel, professeur de liturgie à l’Institut catholique de Paris, fut l’un des principaux rédacteurs du Missel de Paul VI, du Calendrier romain, du Lectionnaire et du Rite de la réconciliation.