Saint Au­gus­tin. Mar­cher, progresser

École de Vergós
Au­gus­tin dis­pute avec des hé­ré­tiques, dé­tail (~1470)
Mu­sée na­tio­nal d’art ca­ta­lan, Barcelone 


Vous voyez que nous sommes voya­geurs. De­man­dez-vous ce que c’est que mar­cher ? Je le dis en un mot : mar­cher, c’est pro­gres­ser. Je le dis ain­si dans la crainte que ne le com­pre­nant pas, vous mar­chiez moins vite. Avan­cez donc ; exa­mi­nez-vous tou­jours sans vous trom­per, sans vous flat­ter, sans vous ca­res­ser, car il n’y a per­sonne, au de­dans de toi, qui te doive por­ter à rou­gir ou à te van­ter. Il y a bien quel­qu’un ; mais c’est quel­qu’un à qui plaît l’­hu­mi­li­té. Ah ! que ce­lui-là te contrôle. Sache aus­si te contrô­ler toi-même pour ar­ri­ver à ce que tu n’es pas en­core. Te plaire en quelque chose, ce se­rait t’ar­rê­ter. Si donc pour ton mal­heur il t’est ar­ri­vé de dire : c’est as­sez, va dé­sor­mais tou­jours en avant, aug­mente et pro­gresse tou­jours. Garde-toi de t’ar­rê­ter, de re­tour­ner ou de t’é­ga­rer. Ne pas avan­cer, c’est s’ar­rê­ter. S’é­ga­rer, c’est s’é­loi­gner de la voie, or il vaut mieux y res­ter en boi­tant, que de s’en éloi­gner en courant.

Saint Au­gus­tin (354 – 430), Ser­mon 169
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