St Augustin. Marcher


Vous voyez que nous sommes voyageurs. Demandez-vous ce que c’est que marcher? Je le dis en un mot: marcher, c’est progresser. Je le dis ainsi dans la crainte que ne le comprenant pas, vous marchiez moins vite. Avancez donc; examinez-vous toujours sans vous tromper, sans vous flatter, sans vous caresser, car il n’y a personne, au dedans de toi, qui te doive porter à rougir ou à te vanter. Il y a bien quelqu’un; mais c’est quelqu’un à qui plaît l’humilité. Ah ! que celui-là te contrôle. Sache aussi te contrôler toi-même pour arriver à ce que tu n’es pas encore. Te plaire en quelque chose, ce serait t’arrêter. Si donc pour ton malheur il t’est arrivé de dire : c’est assez, va désormais toujours en avant, augmente et progresse toujours. Garde-toi de t’arrêter, de retourner ou de t’égarer. Ne pas avancer, c’est s’arrêter. S’égarer, c’est s’éloigner de la voie,  or il vaut mieux y rester en boitant, que de s’en éloigner en courant.

St Augustin (354–430), Sermon 169
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