Divo Barsotti. Le chant de la Résurrection


« Que le ciel se réjouisse et que la terre soit dans l’allégresse; que le monde visible et invisible soit en fête, car le Christ est ressuscité, lui, l’éternelle allégresse ! Maintenant tout est plein de lumière : le ciel, la terre et les enfers. Aujourd’hui toute créature est dans la joie et l’allégresse, parce que le Christ est ressuscité et que l’enfer a été vaincu. »

Il y a dans ce chant de la liturgie orientale comme l’irruption de Dieu dans le monde. La réalité de Dieu déborde sur terre, et la terre se transfigure. Toute frontière, entre le temps et l’éternité, entre la terre et le ciel, a disparu, balayée dans la gloire de la Résurrection du Christ.

Déjà dans l’Incarnation, s’étaient rejointes les deux rives infiniment lointaines, et l’humanité et la divinité étaient devenues un seul Christ; mais entre l’humanité et la divinité demeurait non seulement une distinction véritable, mais même une certaine séparation. Or maintenant, la vie éternelle fait irruption dans le monde créé, avec la gloire du corps du Christ qui sort victorieux du sépulcre.

Voici, en effet, en quoi consiste la victoire du Christ : en ressuscitant dans sa chair, le monde terrestre et humain, comme le monde spirituel et divin, possèdent désormais une même gloire, une vie identique. La victoire du Christ consiste en ce que, par sa résurrection, la gloire et la vie divine sont devenues la gloire et la vie du monde. Toute séparation est dominée et vaincue : désormais la gloire de Dieu investit l’humanité de Jésus, désormais le mystère de l’Incarnation s’achève dans la glorification et dans la transfiguration de l’humanité assumée par Dieu. La vérité met en fuite l’ombre, la lumière élimine la nuit, et l’économie sacramentelle elle-même du Mystère du Christ semble s’évanouir. Le Mystère s’achève en se dévoilant !

L’aube du jour de la Résurrection est l’aube du jour du Seigneur, l’aube du huitième jour où tout retourne à son principe : « J’inaugurerai le huitième jour, c’est-à-dire un monde nouveau, écrit le Pseudo-Barnabé. Voici le jour que le Seigneur a fait », chante l’Église. Et c’est là le chant de la Résurrection. Le jour de la Résurrection est le jour de l’éternité; c’est cet aujourd’hui où toute l’humanité pécheresse entre avec le Christ dans le Paradis pour y demeurer éternellement avec lui : « En vérité, je te le dis, tu seras aujourd’hui avec moi dans le Paradis. » La création qui inaugure le huitième jour ne connaît pas le développement de la première, elle n’a pas de jours successifs : avec ce jour s’inaugure la fête éternelle, l’éternel repos. C’est pourquoi la joie est l’état permanent du chrétien.

Divo Barsotti (1914 – 2006), Vie mystique et mystère liturgique


Biographie
Divo Barsotti est né à Palaia (province de Pise) le 25 avril 1914. Quelques années après son ordination sacerdotale, il vit à Florence, où il commence ses activités de prédicateur et d’écrivain. Sa production littéraire est vaste : plus de 150 titres dont plusieurs traduits en langues étrangères comme le russe et le japonais.

En 1947, Divo Barsotti vit naître autour de lui une communauté qui le reconnaît comme son fondateur : La Communauté des Fils de Dieu. C’est une famille religieuse comprenant des laïcs consacrés et des religieux. Elle compte aujourd’hui environ deux mille personnes en Italie, mais aussi en Australie, en Colombie, au Bénin et au Sri-Lanka. Le but de Divo Barsotti est d’inviter chaque chrétien à vivre la radicalité baptismale.

Très proche du christianisme oriental, Divo Barsotti a fait connaître en Italie de grandes figures de la sainteté russe : St Serge de Radonez, St Seraphim de Sarov, St Silouane du Mont Athos.