Philippe Chèvre. Les cinq coupes du repas de Pessah


Une libération de trois asservissements égyptiens est annoncée à Abraham : le sentiment d’être étranger sur une terre étrangère, l’esclavage, et les tortures physiques :
« Je suis le Seigneur.
Je vous ferai sortir loin des corvées qui vous accablent en Égypte.
Je vous délivrerai de la servitude.
Je vous rachèterai d’un bras vigoureux et par de grands châtiments. » (Ex 6, 6)

Après la délivrance de l’asservissement physique, Dieu annonce à Moïse la libération spirituelle d’Israël : « Je vous prendrai pour peuple, et moi, je serai votre Dieu. » (Ex 6, 7)

Ces quatre étapes de la libération sont à l’origine de la coutume de boire quatre coupes de vin le soir de Pessah.

Mais le texte parle d’une cinquième étape qui est l’aboutissement de la sortie d’Égypte :
« Puis, je vous ferai entrer dans la terre que, la main levée,
je me suis engagé à donner à Abraham, à Isaac et à Jacob.
Je vous la donnerai pour que vous la possédiez. Je suis le Seigneur. » (Ex 6, 8)

Cette cinquième étape se réalisera définitivement par la venue du Messie, signifiée par le retour du prophète Élie. C’est pourquoi on ne buvait pas la cinquième coupe et, laissant ouverte à ce moment-là la porte du lieu de célébration, on attendait sa venue. Cette Pâque-ci ou la prochaine ?

Au cours de la célébration de la Dernière Cène, il est bien dit : « A la fin du repas, [Jésus] ayant pris la coupe… » (Lc 22, 20; 1Co 11, 25) C’est la cinquième coupe que le Seigneur donne enfin à boire. Jésus manifeste ainsi qu’il est le Messie. On peut fermer la porte.

Philippe Chèvre