Saint Jean Chrysostome. La stabilité de l’Église

Pierres d’angle

Jean est né à Antioche sur l’Oronte, au milieu du quatrième siècle. Il s’apprêtait, après ses études, à suivre une carrière de haut fonctionnaire impérial. Mais il est attiré par la vie érémitique. L’ascèse, les privations affaiblissent sa santé. Il retourne à Antioche où il est ordonné diacre en 381, puis prêtre en 386.
Brillant, Jean attire des foules nombreuses. Son éloquence lui vaudra, après sa mort, le surnom de Chrysostome, ce qui veut dire « bouche d’or ». Il est ordonné évêque de Constantinople, contre son gré, le 26 février 398.
Jean se met alors à vouloir réformer l’Église et la société. Il suscitera l’hostilité de nombreuses personnes, en particulier de Théophile d’Alexandrie et de l’impératrice Eudoxie. Les manigances de Théophile lui vaudront d’être condamné à l’exil au synode du Chêne (403). C’est à ce moment-là qu’il prononce le discours qui suit. La mobilisation de la communauté chrétienne lui vaudra cependant d’être rappelé d’exil dès le lendemain. Ce ne sera pourtant que partie remise. Jean mourra en exil le 14 septembre 407.
L’extrait de l’homélie qui suit comporte de très beaux passages, notamment sur la place de l’Église dans le projet de Dieu et sur la manière dont Jean concevait sa charge de pasteur de Constantinople.


Les vagues sont violentes, la houle est terrible, mais nous ne craignons pas d’être engloutis par la mer, car nous sommes debout sur le roc.

Que la mer soit furieuse, elle ne peut briser ce roc. Que les flots se soulèvent, ils sont incapables d’engloutir la barque de Jésus. Que craindrions-nous ? Dites-le moi. La mort ? « Pour moi, vivre, c’est le Christ, et mourir un avantage. » (Phi 1, 21) L’exil ? « La terre appartient au Seigneur, avec tout ce qu’elle contient. » (Ps 23, 1) La confiscation des biens ? « De même que nous n’avons rien apporté dans ce monde, de même nous ne pourrons rien emporter. » (1Tim 6, 7) Les menaces du monde, je les méprise. Ses faveurs, je m’en moque. Je ne crains pas la pauvreté. Je ne désire pas la richesse. Je ne crains pas la mort.

« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. » (Mt 24, 35) Quelles paroles ? « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. » (Mt 16, 18)

Si vous n’accordez pas foi au discours, croyez les faits. Que de tyrans ont voulu renverser l’Église ? Que de tortures employées pour cela : chevalets, fournaises, dents des bêtes, glaives acérés ! Et cela n’a pas abouti.

Saint Jean Chrysostome (354-402), Homélie sur la place de l’Église dans le projet de Dieu, PG 52, col. 427-430
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