Saint Jean Chry­so­stome. Hono­rer le Corps du Christ

Andrei Rou­blev (1370-1430)
Déi­sis de l’i­co­no­stase, détail (1408)
Cathé­drale de l’As­somp­tion Vladimir

Veux-tu hono­rer le Corps du Christ ? Ne com­mence pas par le mépri­ser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négli­ger dehors où il souffre du froid et de la nudi­té. Car celui qui a dit « Ceci est mon corps » est le même qui a dit : « Vous m’avez vu affa­mé et vous ne m’avez pas nour­ri. » Quelle uti­li­té à ce que la table du Christ soit char­gée de coupes d’or, quand il meurt de faim ? Ras­sa­sie d’abord l’affamé et orne ensuite sa table. Tu fabriques une coupe d’or et tu ne donnes pas une coupe d’eau. En ornant sa mai­son, veille à ne pas mépri­ser ton frère affli­gé : car ce temple-ci est plus pré­cieux que celui-là.

Qui pra­tique l’aumône exerce une fonc­tion sacer­do­tale. Tu veux voir ton autel ? Cet autel est consti­tué par les propres membres du Christ. Et le corps du Sei­gneur devient pour toi un autel. Vénère-le. Il est plus auguste que l’autel de pierre où tu célèbres le saint sacri­fice. Et toi, tu honores l’autel qui reçoit le corps du Christ et tu méprises celui qui est le corps du Christ. Cet autel-là, par­tout où il t’est pos­sible de le contem­pler, dans les rues et sur les places ; et à toute heure, tu peux y célé­brer ta liturgie.

Saint Jean Chry­so­stome (354-402), Homé­lie Mt 50, 3 : Vis cor­pus Chris­ti hono­rare
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