Thomas Merton. La simplicité


Les grands saints présentent tous ce trait de caractère qui leur est commun : la simplicité. La chose est paradoxale, mais c’est la vérité. Plus leurs vies sont divines, plus elles deviennent humaines : plus leur amour devient surnaturel, plus il nous semble naturel. Nous employons ici ce vocable de « naturel » pour signifier la facilité, la simplicité et cette harmonieuse coordination de la nature et de la grâce par laquelle nous constatons que la grâce a atteint une telle domination sur l’âme, qu’elle est devenue comme sa seconde nature.

Quand nous disons des grands saints qu’ils sont « naturels » et « humains », nous ne nous référons pas à la faiblesse et aux limitations de la nature déchue, mais à la simplicité transcendante de la nature affranchie par la grâce : c’est la paisible liberté d’un véritable enfant de Dieu, qui porte la nature divine comme un vêtement auquel il est accoutumé et non pas comme quelque chose de nouveau, d’emprunté, d’incommode, laissant apparaître dans chaque acte une attitude fausse et forcée.

Thomas Merton (1915-1968), Quelles sont ces plaies ?


Biographie
Thomas Merton (en religion Père Louis), né le 31 janvier 1915 à Prades (Pyrénées-Orientales) et mort (accidentellement) le 10 décembre 1968 à Bangkok. Converti au catholicisme en 1938 il devient moine trappiste à l’abbaye de Gethsemani (Kentucky) peu après. Il est connu comme écrivain spirituel, poète et militant social. Sur la fin de sa vie il s’intéressait au dialogue religieux inter-monastique.