Julienne de Norwich. La courtoisie de Dieu

Rogier van der Weyden (1399-1464)
Portrait d’une femme (~1445)
Gemäldegalerie, Berlin

De tout ce que j’ai vu, ce qui me console par-dessus tout, ce fut de constater que notre Seigneur, si grand et si terrible, est en même temps si simple et si affable. Cela remplit mon âme d’une grande assurance.

Afin de me le faire mieux comprendre, Jésus me donna un exemple bien clair. Le plus grand des honneurs qu’un monarque ou un seigneur puisse faire à un pauvre serviteur n’est-il pas de se montrer simple avec lui, vraiment tel qu’il est, avec un visage joyeux, dans les relations privées aussi bien qu’en public ? Le pauvre homme ne se dirait-il pas : en vérité, que pourrait faire ce noble maître qui m’honorerait et me réjouirait davantage que de me montrer, à moi qui suis si peu de chose, une si merveilleuse simplicité ? Cela me cause assurément plus de plaisir que si, après m’avoir fait de grands cadeaux, il gardait un air indifférent. Ainsi en est-il de notre Seigneur Jésus et nous.

C’est vraiment la joie suprême, à mon avis, que le Très-Haut, le Tout-Puissant, soit si modeste, si humble, si simple et affable. Et sans aucun doute, cette joie merveilleuse nous sera donnée à tous quand nous le verrons. Cela, notre Seigneur veut que nous le cherchions avec confiance, et que cette recherche soit pour nous une joie, un soutien, une consolation, jusqu’au moment où nous en verrons l’accomplissement. En effet, la plénitude de la joie qui nous attend au ciel sera causée, selon moi, par cette courtoisie et cette simplicité merveilleuse de notre Père – de notre Créateur – en Jésus-Christ, notre Frère et notre Sauveur.

Julienne de Noewich (~1342-1416), Les révélations de l’Amour divin. ch. 7, 1ère vision
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