Óscar Romero. Qui est le pauvre ?


« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux ». (Mt 5, 3) A son origine, cette phrase disait simplement : Bienheureux les pauvres.

N’ayons pas peur de dire que cette Béatitude se réfère aux pauvres, mais non pas n’importe lesquels comme nous dit le Pape (Paul VI). Il existe des pauvres qui ont l’esprit d’avarice et ceux qui font de leur pauvreté une éthique. Le pauvre est celui qui ne possède pas suffisamment en soi-même et court le danger de se faire servile parce qu’il existe un sentiment psychologique d’incapacité, d’insécurité. Cette insécurité psychologique du pauvre est celle dont le Christ veut se servir pour l’ouvrir à l’espérance de Celui qui a tout, de Celui pour qui rien n’est impossible : Dieu.

Bienheureux donc ceux qui profitent de leur pauvreté pour s’ouvrir à l’espérance. C’est une page qui nous ouvre à l’espérance au milieu des tribulations. Non pas pour prêcher le conformisme. Jamais l’Église n’est conformiste ! Sinon pour dire aux hommes qui luttent sur cette terre de ne pas le faire en mettant comme finalité de leur travail, l’avoir, l’avarice. Cela dépersonnalise l’homme et le conduit au sous-développement moral. Que l’homme travaille plutôt, qu’il lutte pour avoir des commodités pour lui et sa famille, mais que son cœur demeure ouvert à l’espérance et son amour au service des autres.

Oscar Romero (1917-1980), Homélie du 29 janvier 1978 sur les Béatitudes (Mt 5, 1-12)
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