Joseph Rat­zin­ger. Dimen­sion cos­mique du dimanche


Pour le chré­tien, le dimanche consti­tue la véri­table mesure du temps, la mesure de sa vie. Il n’est pas fixé par une conven­tion arbi­traire, sus­cep­tible d’être échan­gée contre une autre. Il ren­ferme en une syn­thèse unique la mémoire de l’histoire, le sou­ve­nir de la Créa­tion et la théo­lo­gie de l’espérance. Avec la prière en direc­tion de l’est, il consti­tue un élé­ment fon­da­men­tal du chris­tia­nisme, à tel point qu’Ignace d’Antioche a pu dire : « Nous ne vivons plus selon le sab­bat, nous sommes du Dimanche ». Ain­si, semaine après semaine, le dies domi­ni­ci, le jour du Sei­gneur, célèbre la résur­rec­tion du Christ, sans pour autant rendre super­flu le mémo­rial de la Pas­sion de Jésus. En effet, il res­sort clai­re­ment des évan­giles, sur­tout celui de Jean, que Jésus mar­chait consciem­ment vers son heure. Cette heure de Jésus, qui peut offrir plu­sieurs niveaux d’interprétation, se réfère avant tout à un moment pré­cis : la Pâque des juifs. Jésus ne décide pas de mou­rir à n’importe quel moment. Sa mort a un sens pour l’histoire, pour l’humanité, pour l’univers. Elle devait donc prendre place à une heure déter­mi­née, afin que la Pâque célé­brée par la reli­gion de Moïse depuis l’Exode, passe d’un rite de sub­sti­tu­tion à la réa­li­té du sacri­fice du Christ.

Joseph Rat­zin­ger (* 1927), L’esprit de la litur­gie
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