Le lévirat dans la Bible

Accolade, XIIe s.
Façade ouest
Notre-Dame-La-Grande, Poitiers

Étymologiquement, en latin, le terme lévirat est dérivé du mot levir (proto indo-européen dayh₂wḗr), qui signifie « frère du mari ». Ainsi, le lévirat est un type particulier de mariage où le frère d’un défunt épouse la veuve de son frère, afin de poursuivre la lignée de son frère. Les enfants issus de ce remariage ont le même statut que les enfants du premier mari. Durant l’Antiquité, le lévirat était pratiqué notamment par les Égyptiens, les Babyloniens, les Phéniciens, les Hébreux et les Xiongnu ( confédération de peuples nomades vivant en Mongolie, en Transbaïkalie et en Chine du Nord).

Le lévirat est défini dans la Bible au Livre du Deutéronome (Dt 25, 5-6) :

5 Lorsque des frères habitent ensemble, si l’un d’eux meurt sans avoir de fils, l’épouse du défunt ne pourra pas appartenir à quelqu’un d’étranger à la famille; son beau-frère viendra vers elle et la prendra pour femme; il accomplira ainsi envers elle son devoir de beau-frère. 6 Le premier-né qu’elle mettra au monde perpétuera le nom du frère défunt; ainsi, ce nom ne sera pas effacé d’Israël.

La Torah précise que dans le cas où un Yabam (le frère d ‘un homme défunt) refuserait de prendre pour épouse la  Yébama (la femme du frère), cette dernière devenait libre de se marier à tout homme par le rituel appelé Halitsa (Dt 25, 7-10) :

Dt 9,7 Mais si l’homme ne désire pas épouser sa belle-sœur, celle-ci ira trouver les anciens à la porte de la ville et leur dira : « Mon beau-frère refuse de perpétuer le nom de son frère en Israël; il ne veut pas accomplir envers moi son devoir de beau-frère. » 8 Les anciens de la ville le convoqueront et lui parleront. Il se tiendra devant eux et dira : « Je ne veux pas épouser ma belle-sœur. » 9 Alors sa belle-sœur s’avancera vers lui, sous les yeux des anciens; elle lui retirera la sandale du pied et lui crachera au visage; puis elle déclarera : « C’est ainsi que l’on traite l’homme qui ne rebâtit pas la maison de son frère. » 10 Et dorénavant, en Israël, on l’appellera : « Maison du déchaussé ».

Le lévirat et la renonciation au lévirat jouent un rôle important dans les histoires d’Er, Onan et Tamar (Gn 38, 1-26) d’une part, de Ruth (Rt 4, 1-13) d’autre part, donc dans la lignée messianique de David (Rt 4, 14-22) et de Jésus-Christ (Mt 1, 1-16).