▷ Ami de l’âme, Yedid Nefesh

Strophes I et II

I

Ami de l’âme, Père miséricordieux, יְדִיד נֶפֶשׁ אַב הָרַחְמָן Yedid Nefesh av harachaman,
incite ton serviteur à réaliser ton désir. מְשׁוֹךְ עַבְדְּךָ אֶל רְצוֹנֶךָ meshoch avdechah el retzonechah,
Il accourra alors comme un cerf, יָרוּץ עַבְדְּךָ כְּמוֹ אַיָּל ya’arutz avdechah kmo ayal,
pour se prosterner devant ta grandeur ! יִשְׁתַּחֲוֶה מוּל הֲדָרֶךָ yishtachave mul hadarecha,
Douce est pour lui ton affection, כִּי יֶעֱרַב לוֹ יְדִידוֹתֶךָ ki ye’erav lo yedidotecha,
plus suave que le miel le plus pur. מִנוֹפֶת צוּף וְכָל טָעַם minofet tzuf v’chol ta-am.

II

Source rayonnante de ce monde, הָדוּר נָאֶה זִיו הָעוֹלָם Hadur nae ziv ha-ōlom,
mon âme languit, impatiente de ton amour. נַפְשִׁי חוֹלַת אַהֲבָתֶךָ nafshi cholat ahavatecha,
Je t’implore, mon Dieu, guéris-la donc, אָנָּא אֵל נָא רְפָא נָא לָהּ ana el na refa na lah,
en lui dévoilant la splendeur de ton éclat ! בְּהַרְאוֹת לָהּ נֹעַם זִיוֶךָ beharot lah noam zivach,
Elle se ranimera et recouvrera la santé, אָז תִּתְחַזֵּק וְתִתְרַפֵּא az teetchazeik v’titrapei,
pour te servir
à jamais.
וְהָיְתָה לָהּ שִׂמְחַת עוֹלָם v’hayta lah simchat olam

III

Ô Vénérable, que s’éveille ton amour. וָתִיק יֶהֱמוּ נָא רַחֲמֶיךָ Vatik yehemu na rachamecha,
Prends en pitié ton enfant qui te chérit tant. וְחוּסָה נָּא עַל בֵּן אֲהוּבֶךָ v’chusah na al bein ahuvecha,
Car au plus profond de lui, il aspire à contempler כִּי זֶה כַּמֶּה נִכְסוֹף נִכְסַפְתִּי ki ze kama nichsof nichsafti,
la magnificence de ta puissance ! לִרְאוֹת בְּתִפְאֶרֶת עֻזֶּךָ lir’ot b’tiferet uzecha,
Je t’en prie, mon Dieu, désir de mon âme, אָנָּא אֵלֶּה חָמְדָה לִבִּי ana eile chamdah libi,
ne tarde pas, ne te dérobe pas. חוּסָה נָּא וְאַל תִּתְעַלָּם v’chuso na v’al titalom.

IV

Révèle-toi, ami intime, déploie sur moi הִגָּלֶה נָא וּפְרוֹשׂ חֲבִיבִי עָלַי Higalei na ufros chavivi alai,
ton pavillon
de paix.
אֶת סֻכַּת שְׁלוֹמֶךָ et sukat shlomecha,
Éveille la terre
à ta gloire,
תָּאִיר אֶרֶץ מִכְּבוֹדֶךָ ta’ir eretz mich’vodecha,
et nous exulterons, nous ferons éclater notre joie ! נָגִילָה וְנִשְׂמְחָה בָךְ nagila v’nism’cha bach.
Hâte-toi, bien-aimé, il me tarde de te rencontrer. מַהֵר אֱהוֹב כִּי בָא מוֹעֵד Maheir ahuv ki va moed,
Accorde-moi ta tendresse comme au temps passé. וְחָנֵּנוּ כִּימֵי עוֹלָם v’choneinu kimei olam.

Rabbi Elazar Azkari, Safed, XVIe s.
Prière chantée par bien des familles pour le shabbat. Cette prière est écrite en quatre couplets sur les quatre lettres du nom de Dieu : יהוה